L'âge bâtard

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Aujourd'hui dans ma tête, il y a..
... cette citation tout droit tirée de "L’amour dure trois ans" de Frédéric Beigbeder :
Il vient d'avoir 30 ans. L'âge bâtard où l'on est trop vieux pour être jeune, et trop jeune pour être vieux.

Oui ! Je suis récemment entré dans l’âge bâtard. Par habitude, je déteste les anniversaires. Personne ne m’a d’ailleurs jamais compris. (Sauf un type encore plus bizarre que moi). J’ai toujours trouvé étrange de célébrer un pas de plus vers la mort. Et toute cette profusion de joie éphémère ? Non ! Non ! Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé.

Mais je n’ai pas détesté celui-là. Au contraire. (Chose encore plus étrange.)
Je me suis réveillé le jour de mon trentième anniversaire avec un sentiment particulier. Pas celui d’être vieux mais cette douce impression d’être né de nouveau. Les semaines qui ont précédé cette date m’ont vu voyager dans mes pensées et mon passé, à me poser des questions sans jamais me reposer. Suis-je là où je désire être ? Ai-je accompli ce que je voulais ? Qu’est-ce que je veux être ? C’est quoi le bonheur pour moi aujourd’hui ? Comment je me définis ? Comment je vois ma vie dans ce nouvel âge ?

J’avais fait le même exercice pour mes 21 ans. Avec ma vision réduite jadis, J’avais déjà réussi à imaginer ma vie d’aujourd’hui. J’avais défini comment je me voyais à 25 ans, à 30 ans. J’ai atteint 99% des objectifs du quart de siècle en maintenant une belle vitesse de croisière. (Peut-être que je n'étais finalement pas très ambitieux). Je ne peux pas en dire autant pour ceux des 30 ans. Malgré un correct 75%, disons que j’ai récolté de nombreuses choses sur la base des graines semées dans la course aux 25 ans.

Alors, comme plusieurs d’entre nous, j’avais des raisons d’y arriver insatisfait. Mais la magie du jour anniversaire m’a rappelé plusieurs choses que j’avais déjà partagées ici :
- Que j’ai le pouvoir de Dieu, celui de mener à la réalité toutes les choses que je désire
- Que je devais voir grand pour moi-même car de mon rêve dépendait ma réalité.

Et cette même magie m’a aussi fait comprendre que j’avais arrêté d’avoir faim. Cette faim qui caractérise la jeunesse, celle qui a envie de dominer le monde, de découvrir et même se découvrir puis se réaliser. Au fil du temps, j’avais appris à faire semblant de me dépasser mais j’avais surtout réussi à me complaire dans ma zone de confort. J’avais réussi à me dire que ma vie ne pouvait pas être autrement que celle qui était en cours avec quelques ajustements mineurs.

Si je suis né de nouveau ce jour, c'est surtout parce que je réapprend à avoir faim et soif. A poursuivre un je-ne-sais-quoi qui est différent de celui que j'ai connu. A refuser de me contenter de peu. A imaginer toujours plus grand. Alors pour cet anniversaire que je vais certainement célébrer sur une année, ma nouvelle devise est : 
thirty and thirsty.


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Ma relecture de "Brida"

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Aujourd'hui dans ma tête, il y a..
... une autre relecture. Mais c'est promis, j'arrête avec Paulo Coelho (pendant un moment) après celle là. J'arrête aussi avec les relectures. Vous devez certainement vous demander pourquoi je relis des livres comme s'il y en n'avait assez de nouveaux à lire. C'est juste que j'ai refait mentalement un chemin que j'avais déjà emprunté en m'attardant sur les moments clé. Le point a été abordé dans l'article sur "Le Zahir"; Brida fait partie de ces livres qui ont changé des choses, motivé des actions. Et à un certain point de son existence, on est parfois tenté de se demander si on en a eu la bonne lecture. Relire ce livre à été une expérience agréable. Étonnamment au cours de cette nouvelle lecture, j'ai eu l'impression d'avoir mal compris la fin du livre la première fois. Ce qui est moins étonnant, c'est qu'il m'a encore édifié. La recette Paulo Coelho marche bien sur moi finalement. Encore une fois, je vous partage ces petits passages qui ont laissé des traces:

Le sol la besoin de la semence, et la semence à besoin du sol. L'un n'a de sens qu'avec l'autre. Il en va de même pour les êtres humains. Quand la connaissance masculine s'unit à la transformation féminine, naît la grande union magique, qui a pour nom Sagesse. 

La sagesse, c'est connaître et transformer.

Dieu est la parole. Attention! Attention à ce que tu dis, dans toutes les situations ou les instants de ta vie.

Nous savons que le mystère ne nous quittera jamais, alors nous apprenons à l'accepter et à vivre avec lui.

Ce ne sont pas les explications qui nous font avancer ; c'est notre volonté d'aller plus loin

Le pire, c'était choisir, et passer le restant de sa vie à se demander si l'on a fait le bon choix.

Rien n'est complètement faux dans le monde, ma fille, dit son père en regardant l'horloge. Même une horloge arrêtée réussit à être à l'heure deux fois par jour.

Parfois, certaines bénédictions de Dieu entrent en brisant toutes les vitres en mille éclats.

Seul le présent a un pouvoir sur nos vies. Quand tu lis le sort dans un jeu de cartes, tu attires l'avenir vers le présent. Et cela risque de causer de graves dégâts : le présent peut brouiller ton avenir.

Toute quête est un acte de foi

Aie toujours des doutes. Quand les doutes disparaissent, c'est que tu t'es arrêté dans ta démarche. Alors Dieu vient tout démonter, parce que c'est ainsi qu'Il contrôle ses élus; en leur faisant parcourir toujours, entièrement, le chemin qu'ils doivent parcourir. 

Mais fais attentons à ceci: ne laisse jamais les doutes paralyser tes actions. Prends toujours toutes les décisions que tu dois prendre, même si tu n'as pas l'assurance ou la certitude que ta décision est correcte.

Lorsqu'on trouve une chose importante dans la vie, cela ne veut pas dire qu'il faille renoncer à toutes les autres 

L'amour était au dessus de tout, et l'amour n'avait pas de haines, seulement des équivoques.

Être homme, c'est avoir des doutes, et pourtant poursuivre son chemin.

Souviens toi que le premier chemin qui lève droit jusqu'à Dieu est l'oraison. Le second est la joie 

N'aie jamais honte, continua-t-il. Accepte ce que la vie t'offre, essaie de boire aux coupes qui sont devant toi. Tous les vins doivent être bus - certains une seule goutte; d'autres, la bouteille entière. 

Mon frère, moi et le temps

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... Mon frère aîné. Aussi loin que je m'en rappelle, nous sommes d'exacts opposés pourtant issus du sein de la même mère. Déjà physiquement. Lui grand. Moi... Court? Lui, à l'époque, mince. Moi? Le petit gros. On ne décrira pas nos différences de comportement. Elles sont remarquables. 
Alors, pendant notre adolescence, je l'ai tantôt admiré tantôt "détesté" pour les mêmes raisons: nos différences. 

Admiré parce qu'à certains moments je voulais vraiment être comme lui. N'avoir peur de rien et faire tout ce que je souhaitais. Affronter l'autorité, tenter des choses et réussir à attirer toute l'attention du monde sur soi parce qu'on est drôle et intéressant justement à cause de la somme de nos expériences.
Je l'ai "détesté" plus que je ne l'ai admiré parce que ce tempérament du je-n'ai-peur-de-personne affectait l'ensemble de la famille. Ma mère était constamment sous tension à cause de lui. Toujours dans la crainte d'un nouvel "exploit" de mon frère. Des fois, il lui ruinait sa santé tant elle s'inquiétait. Ce sentiment étrange qu'est la maternité? Aimer aussi fort son enfant même quand il choisit délibérément de vous faire mal. Je ne le comprenais pas. (J'étais jeune). Surtout que j'estimais être un enfant modèle et être gravement puni à ma première erreur. J'ai donc "détesté" mon frère aussi pour ça... De me donner l'impression que les parents étaient plus tolérants avec lui malgré ses crasses.
Alors cet amour-haine a fini par se transformer en distance. J'ai inconsciemment choisi de réduire notre relation au vrai essentiel pour ne pas être dans cette constante mauvaise comparaison. 

Puis j'ai grandi. Et lui aussi. Il a pris conscience de ses erreurs et moi de ma bêtise. Et sans qu'on puisse vraiment le comprendre tous les deux, le temps tout en nous éloignant projetait de mieux nous réunir. Plusieurs réunions de familles plus tard, des affaires étranges gérées a deux, des coups de main naturels entre frères, on comprend que rien, absolument rien dans la vie n'est irréversible. Un peu "détesté" hier, c'est tout l'inverse aujourd'hui. Le temps a rendu notre lien naturellement "unbreakable" plus vrai. 

Alors je comprends que le temps est plus un ami qu'un ennemi. Et comme le disais je-ne-sais-plus-qui:
Le temps, c'est l'autre nom de Dieu

J'écris cet article pendant que je deviens le parrain de sa fille. Comme quoi!!
A mon grand-frère, qui à lui seul représente valablement deux plaisantins!