Mon frère, moi et le temps

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... Mon frère aîné. Aussi loin que je m'en rappelle, nous sommes d'exacts opposés pourtant issus du sein de la même mère. Déjà physiquement. Lui grand. Moi... Court? Lui, à l'époque, mince. Moi? Le petit gros. On ne décrira pas nos différences de comportement. Elles sont remarquables. 
Alors, pendant notre adolescence, je l'ai tantôt admiré tantôt "détesté" pour les mêmes raisons: nos différences. 

Admiré parce qu'à certains moments je voulais vraiment être comme lui. N'avoir peur de rien et faire tout ce que je souhaitais. Affronter l'autorité, tenter des choses et réussir à attirer toute l'attention du monde sur soi parce qu'on est drôle et intéressant justement à cause de la somme de nos expériences.
Je l'ai "détesté" plus que je ne l'ai admiré parce que ce tempérament du je-n'ai-peur-de-personne affectait l'ensemble de la famille. Ma mère était constamment sous tension à cause de lui. Toujours dans la crainte d'un nouvel "exploit" de mon frère. Des fois, il lui ruinait sa santé tant elle s'inquiétait. Ce sentiment étrange qu'est la maternité? Aimer aussi fort son enfant même quand il choisit délibérément de vous faire mal. Je ne le comprenais pas. (J'étais jeune). Surtout que j'estimais être un enfant modèle et être gravement puni à ma première erreur. J'ai donc "détesté" mon frère aussi pour ça... De me donner l'impression que les parents étaient plus tolérants avec lui malgré ses crasses.
Alors cet amour-haine a fini par se transformer en distance. J'ai inconsciemment choisi de réduire notre relation au vrai essentiel pour ne pas être dans cette constante mauvaise comparaison. 

Puis j'ai grandi. Et lui aussi. Il a pris conscience de ses erreurs et moi de ma bêtise. Et sans qu'on puisse vraiment le comprendre tous les deux, le temps tout en nous éloignant projetait de mieux nous réunir. Plusieurs réunions de familles plus tard, des affaires étranges gérées a deux, des coups de main naturels entre frères, on comprend que rien, absolument rien dans la vie n'est irréversible. Un peu "détesté" hier, c'est tout l'inverse aujourd'hui. Le temps a rendu notre lien naturellement "unbreakable" plus vrai. 

Alors je comprends que le temps est plus un ami qu'un ennemi. Et comme le disais je-ne-sais-plus-qui:
Le temps, c'est l'autre nom de Dieu

J'écris cet article pendant que je deviens le parrain de sa fille. Comme quoi!!
A mon grand-frère, qui à lui seul représente valablement deux plaisantins!

Ma relecture de L'Alchimiste

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... un livre qui a changé ma perspective de la vie. En 2009 quand je l'ai lu, j'étais un garçon qui croyait peu à la force de l'auto-suggestion. Au terme de ma lecture, j'ai choisi de me laisser guider par ce qu'il préconisait: marcher en direction de ses rêves, croire en sa légende personnelle. Alors quand je m'engageais sur un chemin, je ne tenais pas compte des vents contraires, j'y croyais parce que c'était un rêve. Six années après, plusieurs choses ont marché, beaucoup d'autres non. Des fois, j'ai forcé le destin et en ai eu un arrière-goût. Alors, j'ai choisi de le relire pour savoir si je n'avais pas compris ce que je voulais comprendre. Et comme toute relecture, on découvre de nouvelles choses. 
Mais comme toutes mes lectures, je vous laisse avec les nouveaux passages qui m'ont marqué:

Lorsqu'on voit toujours les mêmes personnes, comme c'était le cas au séminaire, on en vient à considérer qu'elles font partie de notre vie. Et alors, puisqu'elles font partie de notre vie, elles finissent par vouloir transformer notre vie. Et si nous ne sommes pas tels qu'elles souhaiteraient nous voir, les voilà mécontentes. Car tout le monde croit savoir comment nous devrions vivre.

Mais personne ne sait jamais comment il doit lui-même vivre sa propre vie. 

C'est un livre qui parle de la même chose que presque tous les livres. De l'incapacité des gens à choisir leur propre destin.

-Et quelle est donc la plus grande imposture du monde? Demanda le jeune homme, surpris.
-La voici : à un moment donné de notre existence, nous perdons la maîtrise de notre vie, qui se trouve dès lors gouvernée par le destin. 

Car il y a une grande vérité en ce monde: qui que tu suis et quoi que tu fasses, lorsque tu veux vraiment quelque chose, c'est que le désir est né dans l'Âme de l'Univers. C'est ta mission sur terre 

Et quand tu veux quelque chose, tout l'Univers conspire à te permette de réaliser ton désir 

Si tu t'en vas en promettant ce que tu ne possèdes pas encore, tu perdras l'envie de l'obtenir 

Il est bon pour toi d'apprendre que dans la vie, tout a un prix.

Je suis comme tous les autres: je vois le monde comme je souhaiterais que les choses se produisent, et non comme elles se produisent réellement 

Il eut le sentiment qu'il pouvait regarder le monde soit comme la malheureuse victime d'un voleur, soit comme un aventurier en quête de trésor 

Toute bénédiction qui n'est pas acceptée se transforme en malédiction. 

Mais il comprenait maintenant une chose importante : que les décisions représentaient seulement le commencement de quelque chose.

Personne ne doit avoir peur de l'inconnu, parce que tout homme est capable de conquérir ce qu'il veut et qui lui est nécessaire.

Celui qui s'engage dans le désert ne peut revenir sur ces pas, répondit le chamelier. Quand on ne peut revenir en arrière, on ne doit se préoccuper que de la meilleure manière d'aller de l'avant 

Parce que je ne vis, ni dans mon passé, ni dans mon avenir. Je n'ai que le présent, et c'est lui seul qui m'intéresse. Si tu peux demeurer toujours dans le présent, alors tu seras un homme heureux.

Ce n'est pas là une guerre entre les bons et les méchants. C'est une guerre entre des forces qui luttent pour la conquête du même pouvoir, et lorsque s'engage une bataille de ce genre, elle dure plus longtemps que les autres, parce que, dans ce cas, Allah est des deux côtés à la fois.

Les dunes changent sous l'action du vent, mais le désert est toujours le même. Ainsi en sera-t-il de notre amour.

Mektoub, dit-elle encore. Si je fais partie de ta Légende, tu reviendras un jour. 

C'est dans le présent que réside le secret ; si tu fais attention aux présent, tu peux le rendre meilleur. Oublie le futur et vis chaque jour de ta vie sur les enseignements de la loi, et en te fiant à la sollicitude de Dieu à l'égard de ses enfants.

Mourir demain valait tout autant que mourir n'importe quel autre jour. Chaque jour était fait pour être vécu ou pour quitter ce monde.

Le mal, dit l'alchimiste, ce n'est pas ce qui entre dans la bouche de l'homme. Le mal est dans ce qui en sort.

Il n'y a qu'une façon d'apprendre, répondit l'alchimiste. C'est par l'action. Tout ce que tu avais besoin de savoir, c'est le voyage qui te l'enseigne.

- Alors, pourquoi dois-je écouter mon cœur,
- parce que tu n'arriveras jamais a le faire taire 

La trahison, c'est le coup auquel tu ne t'attends pas. Si tu connais bien ton cœur, il n'arrivera jamais à te surprendre ainsi. Car tu connaîtras ses rêves et ses désirs, et tu sauras en tenir compte. Personne ne peut fuir son cœur,. C'est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu'il dit. Pour que ne vienne jamais te frapper un coup auquel tu ne t'attendrais pas.

La crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même.

L'heure la plus sombre est celle qui vient juste avant le lever du soleil 

Quand nous avons de grands trésors sous les yeux, nous ne nous en apercevons jamais. Et sais-tu pourquoi? Parce que les hommes ne croient pas aux trésors 

Tout ce qui arrive une fois peut ne plus jamais arriver. Mais tout ce qui arrive deux fois arrivera certainement une troisième fois 

Ma lecture de "Le Zahir"

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... une sorte d'expression: "enfin"! 
Jamais il ne m'a été aussi difficile de finir un livre de Paulo Coelho. Ne vous méprenez pas! J'ai beaucoup aimé ce livre... Mais c'est seulement à la fin de la lecture que j'ai compris pourquoi il m'a été difficile de le terminer: je n'étais pas prêt. Au moment où j'ai entamé ma lecture, Je n'étais pas encore prêt à recevoir le message qu'il devait m'adresser. Comme avec Aleph, il y a certains livres qui doivent être lus quand notre âme a la capacité à absorber le changement. Tout comme l'Alchimiste, Brida ou Aleph, je sais que "Le Zahir" a d'ores et déjà un impact sur ma petite vie. Cela fera certainement l'objet d'un autre article ici mais avant de vous parler des marques que ce livre aura laissées dans ma vie, je vous laisse avec les passages qui m'ont marqué:

Je porte mes cicatrices comme des médailles, je sais que la liberté coûte très cher, aussi cher que l'esclavage.

Lorsque quelqu'un s'en va, c'est que quelqu'un d'autre va arriver 

Il suffit de prêter attention; les leçons viennent toujours quand vous êtes prêt, et si vous êtes attentif aux signes, vous apprendrez toujours tout ce qui est nécessaire pour l'étape suivante 

L'être humain a deux grands problèmes: le premier est de savoir quand commencer, le second est de savoir quand s'arrêter 

Parce que je pense que dans la guerre l'homme est à sa limite; il peut mourir le lendemain. Quelqu'un qui est à sa limite agit différemment 

Il ne faut pas vivre, il faut prendre la mer 

Dans la contradiction, l'amour se renforce. Dans la confrontation et la transformation, l'amour se préserve.

L'amour est une force sauvage. Quand nous essayons de le contrôler, il nous détruit. Quand nous essayons de l'Emprisonné, il nous rend esclaves. Quand nous essayons de le comprendre, il nous laisse perdus et confus.

Et pourtant, nous aimons aujourd'hui de telle façon que nous avons une heure d'angoisse pour chaque minute de paix 

Au moment où l'on décide d'affronter un problème, on se rend compte que l'on est beaucoup plus capable qu'on ne le pensait

Nous ne sommes jamais seuls dans nos tribulations - il y a toujours quelqu'un qui réfléchit davantage, se réjouit ou souffre pareillement

Si la souffrance est là, alors il vaut mieux l'accepter, elle ne disparaîtra pas simplement parce qu'on fait comme si elle n'existait pas 

C'est comme cela que l'amour s'est perdu. Quand on a commencé à établir des règles précises pour qu'il puisse se manifester 

Ce que nous devons apprendre se trouve toujours devant nos yeux, il suffit de regarder autour de vous avec respect et attention pour découvrir où Dieu désire nous mener, et quel pas il faut faire dans la minute qui suit. 

J'ai appris également à respecter le mystère: comme le disait Einstein, Dieu ne joue pas aux dés avec l'univers, tout est lié et tout a un sens. 

Un mensonge répété à de nombreuses reprises finit par devenir une vérité pour tout le monde

"L'accommodateur" : il existe toujours un événement dans nos vies qui est responsable du fait que nous avons cessé de progresser. Un traumatisme, une défaite particulièrement amère, une désillusion amoureuse, ou même une victoire que nous n'avons pas bien comprise finit par nous rendre lâche, et nous n'avançons plus. Le sorcier, dans le processus de croissance de ses pouvoirs occultes, doit d'abord se délivrer de ce point d'accommodation, et pour cela il doit revoir sa vie et découvrir où il se trouve.

Je parle de quelque chose qui est d'une suprême importance : la capacité qu'a l'homme de faire le mal chaque fois qu'il en a l'occasion.

- Si ton homme a tellement changé, pourquoi es-tu toujours la même ?
- Par lâcheté. (...) pour tout ce que nous avons construit ensemble, et que je ne veux pas voir détruit. Ou pour la raison la plus grave de toutes : je me suis résignée.

Le Zahir, c'était la fixation sur tout ce qui avait été transmis de génération en génération, ne laissant aucune question sans réponse, occupant tout l'espace, ne nous permettant jamais d'envisager la possibilité que les choses changent.

Je pose quelques questions au ciel, les mêmes questions que je posais à ma mère dans mon enfance :
Pourquoi aimons nous certaines personnes et en détestons-nous d'autres?
Où allons-nous après la mort ?
Pourquoi naissons-nous, si nous mourrons pour finir ? 
Que signifie Dieu ?
La steppe me répond par le vacarme constant que fait le vent. Et cela suffit : Savoir que les questions fondamentales de la vie n'auront jamais de réponse, et que nous pouvons tout de même aller de l'avant.

- Il y a une minute, vous me remerciiez d'être venu avec moi, et maintenant on dirait que cela vous rend très malheureux. Décidez-vous.
- Je ressens les deux choses, je n'ai pas besoin de décider, je peux naviguer entre mes contraires, mes contradictions.


J'ai eu besoin de la perdre pour comprendre que la saveur des choses retrouvées est le miel le plus doux qui nous est donné de connaître.

Et en fin de compte, comme le dit un sage persan, l'amour est une maladie dont personne ne veut se délivrer. Celui qui en est atteint ne cherche pas à se rétablir, et celui qui en souffre ne désire pas guérir.

J'ai beaucoup souffert. J'ai compris que j'avais fait un chemin sans retour. Or, quand nous agissons de la sorte, il ne nous reste qu'à aller plus loin.